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HORAIRE D'APPEL

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Notre analyse de la situation des marchés


Une crise sanitaire qui devient une crise boursière et certainement économique 

La gravité de l’épidémie Covid-19 et sa propagation en Europe et en Amérique du Nord est maintenant totalement prise en compte, à l’exception peut être des Etats-Unis dont tous les Etats ne sont pas confinés. La stratégie d’endiguement, au moyen de mesures de confinement mises en œuvre en Chine, a été efficace et plutôt rapide. Elle est désormais appliquée en Europe. Son coût économique sera très lourd. La récession qui en résultera modifie les anticipations des bénéfices des sociétés et provoque une très forte correction des marchés d’actions (-35% en Europe ; -25% aux Etats-Unis). L’excès de cette correction, à la mesure de cette incertitude sur l’ampleur et la durée de cette récession, apparaîtra que lorsque la fin de la crise sanitaire sera entraperçue. Elle est déjà perceptible en Asie mais nous sommes encore à plusieurs jours du pic européen. 


Les pouvoirs publics se mobilisent

Cette correction est un facteur de déstabilisation que les pouvoirs publics s’attachent à modérer. Dans un premier temps, on s’est attaché à soutenir l’offre par des mesures monétaires, qui n’ont pas convaincu.  Il est apparu alors nécessaire que les Etats compensent par des mesures budgétaires l’impact économique de cette crise. 

Ces mesures viendront aggraver les déficits budgétaires et accroître le recours au marché des obligations pour les financer. La conséquence c’est que les taux obligataires, après avoir baissés sous l’impulsion des banques centrales, se sont raffermis dans la perspective d’une demande accrue. 

On est alors confronté à une période très désagréable où la décorrélation entre actions et obligations ne fonctionnent plus et où les deux catégories d’actifs se déprécient. Cette situation incertaine s’accompagne d’une très forte volatilité au jour le jour avec des journées de hausse et surtout de baisse dans des proportions qui peuvent effrayer. Les actifs les moins liquides et les entreprises les plus endettées sont en risque. Fort heureusement, chez Herez, elles ne figurent pas dans nos recommandations. 


Attendre une éclaircie dans la crise sanitaire pour tirer parti de ces décotes

L’expérience des précédentes crises a montré que dans ces phases, qui précèdent la capitulation des marchés, il importe de se montrer patient. Il n’existe guère d’actif refuge (même l’or a reculé). Et la volatilité rend les arbitrages très difficiles. Nous avons le sentiment que les marchés financiers sont en mode panique un peu exagéré et ont déjà intégré, au moins partiellement, un scénario très noir. Il est inévitable que l’environnement anxiogène, dans lequel nous sommes, influence les décisions au quotidien. Le marché a du mal à se projeter. Il ne vit que dans l’instant présent.

L’espoir fondé d’une résolution de la crise sanitaire, comme l’ampleur considérable des moyens financiers mis à disposition pour passer cette étape, laissent raisonnablement espérer un rebond significatif, mais il partira d’un point bas qui n’est probablement pas atteint. Les investisseurs ont tout intérêt à mettre en place une stratégie lente de réinvestissement sur des grandes valeurs et des obligations de grande qualité dont les rendements ont retrouvé des couleurs

En synthèse, la crise actuelle sera peut-être salutaire à terme car elle peut contribuer à modifier positivement les comportements (plus de civisme), les méthodes (plus de télétravail et de digitalisation dans toutes les relations professionnelles), les façons d’organiser les circuits de production (moins de mondialisation) etc… et nous permettre de se recentrer sur ce qui est essentiel, ainsi que tracer la voie vers une économie plus verte, avec plus de partage et de solidarité. 


Patrick GANANSIA
Associé-Gérant

Article achevé de rédiger le 18 mars 2020