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HORAIRE D'APPEL

Marchés et Placements n° 116 : Une correction localisée

L’évolution des marchés au cours de la période écoulée entre le 11 juillet et le 15 août est contrastée. Sur les marchés d’actions, la correction est très marquée en Europe (-4% pour l’Eurostoxx50) et particulièrement en Allemagne (-6%). Elle est plus limitée sur les grandes valeurs américaines (-2%). En revanche, la variation est positive sur le NASDAQ (+0,7%), au Japon (+1%) et dans les pays émergents (+3%).

Sur les marchés obligataires, la détente des taux a encore été marquée sur les obligations souveraines tant aux Etats-Unis (-18 points de base) qu’en Europe (-25 points de base). En revanche les marges sur les emprunts privés se sont élargies (+22 points sur les obligations à haut rendement).

Sur le marché des changes, l’euro s’est dépréciée contre dollar (-1,5%) et apprécié contre sterling (+1%).Sur le marché des matières premières, l’once d’or s’est déprécié de 3% et le pétrole de 2,5%.

L’indicateur de volatilité, mesuré sur le marché américain, s’est tendu, passant de 12 à 17 avant de revenir en fin de période au niveau initial. Cette augmentation de l’aversion au risque a fait craindre des problèmes de liquidité, qui ont pesé sur les petites capitalisations et sur les obligations à haut rendement.

Plusieurs facteurs ont contribué à cette situation quelque peu désordonnée.

Les risques géopolitiques accrus, que ce soit en Ukraine, en Irak et à Gaza, ont instillé de la nervosité. L’effet le plus immédiat a été ressenti en Allemagne, directement concerné dans ses relations avec la Russie. Curieusement le prix du pétrole n’a pas été affecté, les inquiétudes conjoncturelles prévalant sur les risques d’approvisionnement.

En effet l’élément qui a le plus influencé le marché est la détérioration conjoncturelle en Europe couplée avec la baisse de l’inflation. Le risque de déflation a été à nouveau pris en compte et a provoqué la baisse des taux d’intérêt. En dépit de résultats convenables, les actions européennes ont été sanctionnées et particulièrement les valeurs cycliques.

La correction subie en Europe ne s’est pas propagée parce qu’aux Etats-Unis comme en Asie l’activité est bien orientée et les résultats des entreprises sont satisfaisants. D’autre part la modération de la Réserve Fédérale rassure les investisseurs.

La dynamique de l’économie mondiale, tirée par l’élargissement de la classe moyenne dans les pays émergents et par les progrès technologiques, doit redonner confiance aux investisseurs, sous réserve que les tensions internationales restent maitrisées.



François PASQUIER,
Le 20 aout 2014

> SUIVI DES OPCVM


> COMPORTEMENT DES FONDS PENDANT LA PERIODE ESTIVALE

Les fonds actions
Les fonds « actions européennes » ont logiquement souffert de la correction intervenue, en moyenne de 3%. Les fonds « value » (Centifolia, Moneta), qui avaient largement profité de la reprise du début d’année, ont été les plus affectées, mais conservent leur surperformance par rapport aux indices. En revanche les fonds «Monde », comme Carmignac, Comgest, M&G, ont tiré parti à la fois de marchés mieux orientés et de l’appréciation des devises vis-à-vis de l’euro.

Les fonds GEMEQUITY (émergents) et UNCIA (valeurs de forte croissance) affichent des performances positives. La diversification de notre poche « actions » dans le portefeuille de référence avec seulement 42% de fonds « Europe » a permis de limiter (-1,25%) l’incidence de la correction boursière.

Il faut observer que dans notre portefeuille, jusqu’au mois de juin, c’est la partie « Europe » qui tirait la performance. La diversification a donc contribué à atténuer la volatilité de l’ensemble.

D’autre part dans notre portefeuille nous avons mis un fonds « émergent » et un fond «valeurs de forte croissance » parce que nous pensons que ce sont vraiment des tendances lourdes pour les prochaines années, mais nous avons dosé ces lignes de manière à pouvoir les conserver même dans les creux de marché, comme cela a été le cas jusqu’en mars pour les émergents et en avril pour les technologiques.


Les fonds flexibles
Ces fonds utilisent deux types de stratégie, soit celle de l’allocation d’actifs en combinant les différentes classes, soit celle de la modulation du taux d’exposition au marché des actions. Les deux fonds d’allocation, CPR et Carmignac, ont réalisé des performances positives en raison d’une large diversification et d’un effet devises. Les fonds à dominante actions ont souffert d’une exposition concentrée sur l’Europe et affichent des performances dispersées selon le taux d’exposition et le style de gestion. Pour ces raisons, Sycomore (faible exposition) et Oddo (préférence pour les valeurs de croissance) ont le mieux résisté. Sur la période, la poche flexible a reculé de 0,82%.


Les fonds obligataires
Les performances au sein de cette poche sont dispersées, allant de +0,5% pour M&G Optimal Income à -3,9% sur Axiom Obligataire. La contreperformance de ce fonds est essentiellement liée aux déboires de la banque portugaise Banco Espirito Santo, qui a secoué le secteur bancaire. L’accident, imputable à des malversations, était d’autant plus imprévisible que la banque venait d’être recapitalisée pour 1 milliard d’euros. La banque a été nationalisée. L’effet devrait se dissiper avec la publication prochaine des « stress test » sous l’autorité de la BCE. Le fonds SP Opportunités Européennes a été aussi affecté (-1,97%) pour la même raison. A l’exception de M&G, les autres fonds ont été touchés par l’élargissement des spreads, conséquence de la nervosité du marché ; cet élargissement s’est d’ailleurs réduit au cours de la dernière semaine La poche obligataire perd 1,5% sur la période.

Au total, notre portefeuille de référence recule de 0,7% sur la période mais reste positif de 1,6% depuis le début de l’année.

Pour les raisons mentionnées à la page 1, nous pensons que le pessimisme propre à la France ne doit pas obscurcir notre jugement qui doit prendre en compte l’économie mondiale et la politique des banques centrales. Les actions restent la meilleure classe d’actifs, qu’il faut savoir doser pour être capable de supporter les secousses du marché. Les obligations restent des actifs « refuges », surtout si le risque de déflation s’accroit et peuvent être source de rendement alors que les liquidités ne sont plus rémunérées. Notre souci constant est d’améliorer la diversification des placements en sélectionnant des expertises reconnues et originales.


> NOS PORTEFEUILLES DE REFERENCE


Évolution graphique des portefeuilles de référence depuis le 1er janvier 2005