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HORAIRE D'APPEL

Marchés et placements n°128 : M. DRAGHI N’A PAS DEÇU

Le programme d’intervention de la Banque Centrale Européenne annoncé par M. Draghi a dépassé les attentes du marché. Il a été décidé un volume d’interventions mensuelles de 60 milliards d’euros pendant une durée de 18 mois. Les interventions porteront sur des obligations sécurisées et sur des obligations souveraines. Elles seront réalisées par les banques nationales dans les proportions correspondant à leur participation au capital de la B.C.E., soit 26% pour l’Allemagne, 20% pour la France, 17% pour l’Italie, 13% pour l’Espagne. Les pertes seront le cas échéant mutualisées à hauteur de 20%. Les interventions pourront être poursuivies jusqu’à ce que les anticipations d’inflation reviennent à 2%. L’objectif est d’endiguer les pressions déflationnistes en stimulant le crédit, au travers des banques, et la consommation en créant un effet de richesse sur les marchés financiers.

Le premier résultat a été d’accélérer la dépréciation de l’euro, qui recule de 6,7% depuis le début de l’année. Le deuxième résultat a été de faire à nouveau baisser les rendements obligataires pour l’ensemble des pays européens à l’exception de la Grèce. Les marchés d’actions ont tiré aussi partie de cette promesse de liquidités quasi-gratuites qui incite à la prise de risque. La conjonction de la baisse des taux d’intérêt, de la baisse du prix du pétrole et de la baisse de l’euro, offre des perspectives d’augmentation des capacités bénéficiaires. Cette reprise boursière a bénéficié tant aux valeurs décotées (à l’exception des bancaires) que des valeurs de croissance, et notamment les grandes sociétés exportatrices.

Les marchés américains, bien valorisés, ont corrigé en ce début d’année. La croissance du PIB au 4ème trimestre à 2,6% témoigne d’une certaine décélération, notamment de l’investissement des entreprises. Cela résulte notamment de la coupure des investissements dans le domaine du pétrole de schiste.

En revanche, la consommation des ménages reste soutenue par la baisse du prix de l’essence et la bonne tenue de l’emploi. En outre les investisseurs restent prudents dans la perspective d’une normalisation de la politique monétaire. Mais pour un investisseur européen, l’effet devise améliore sensiblement la rentabilité des placements hors zone euro.

Les élections en Grèce ont mis un peu de volatilité dans le marché, mais de manière modérée. La crise ukrainienne reste problématique. Enfin on craint toujours que la remontée des taux aux États-Unis ne vienne perturber ce contexte financier fragile.

Indéniablement, les actions constituent la classe d’actifs la plus prometteuse, mais la maitrise de leur volatilité implicite requiert un soin particulier (voir page 3).

François PASQUIER
Le 2 février 2015

> Suivi des OPCVM

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures


> Aménagement de notre portefeuille de référence

Le programme d’intervention de la B.C.E. modifie l’environnement financier. Il donne une assurance de taux d’intérêt très bas pour au moins dix-huit mois. La conséquence est que le placement monétaire ne rapporte plus rien et que la rémunération des fonds généraux d’assurance-vie va continuer de décliner. Compte tenu de l’impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux, et de l’ISF, les rendements peuvent devenir négatifs. Aussi pour obtenir un rendement décent, il est nécessaire de prendre du risque. Pour contrôler celui-ci, nous appliquons une méthode de diversification, au niveau des classes d’actifs, des zones géographiques, et styles de gestion.

Nous aménageons à la marge notre portefeuille pour tenir compte d’une part de l’amélioration des perspectives sur les actions européennes, et d’autre part du besoin accru de flexibilité dans un contexte de volatilité renforcé.

A cet effet, nous augmentons de deux points notre allocation en fonds « actions » qui passe  de 25 à 27%, et de deux points notre allocation en fonds flexibles qui passe de 33 à 35%. En conséquence nous diminuons de deux points l’allocation en fonds obligataires (ramenée à 10%) et de deux points l’allocation sur le fonds général qui passe de 30 à 28%.

Dans la poche « actions » nous rééquilibrons la répartition entre fonds mondiaux et fonds européens. A cet effet nous introduisons le fonds d'actons françaises Centifolia axé sur une thématique de rendement, et nous remplaçons Agressor par Échiquier Major, qui est un fonds de la même société de gestion axé sur belles valeurs de croissance à même de tire parti de la baisse de l’euro.

Dans la poche des fonds flexibles, nous introduisons un fonds flexible international M&G Dynamic Allocation. Ce fonds offre au gérant un champ d’intervention très large tant au niveau géographique qu’en terme de classes d’actifs, en incluant notamment les devises et l’immobilier. Comme le fonds CPR Croissance Réactive, il s’agit d’un fonds d’allocation qui investit sur des indices ou des futures. Cela offre l’avantage d’une parfaite liquidité et convient donc à une gestion qui veut être réactive. La boussole du gérant est constituée par l’analyse de la valorisation des différentes classes d’actifs et son action se veut contrariante face aux excès du marché. Le choix de ce support nous permet d’introduire dans notre gestion les vues d’un gérant anglo-saxon qui vient élargir notre vision des marchés. Ce fonds créé en 2010 a dégagé un rendement annualisé de 6,6% avec une volatilité de 6,2%. En 2011, qui avait été une année compliquée sur les marchés, la contre-performance était limitée à -0,5%.

Le niveau des taux d’intérêt offre peu de marge pour une baisse supplémentaire et peut comporter un risque en cas de remontée brutale des taux aux États-Unis. La source de rendement réside soit dans la compression des primes de risques (obligations subordonnées bancaires), soit dans des stratégies d’arbitrage, soit dans l’appréciation des devises. Nous nous focalisons sur ces trois sources et réduisons la poche à 10%.

Le rendement des fonds généraux poursuit de manière inéluctable sa baisse. La réglementation prudentielle applicable aux compagnies d’assurance les incite à investir principalement en obligations et notamment en obligations souveraines en sorte que la nouvelle collecte s’investit dans des placements qui ne cessent de dégrader le rendement de l’actif général. L’avantage du fonds général, qui bénéficie de la garantie en capital de la compagnie d’assurance, est d’amortir la volatilité du portefeuille, de constituer une réserve pour profiter d’opportunités, et d’offrir une liquidité immédiate en cas de besoin.

Dans le PEA, nous remplaçons Rouvier Europe par CPR Croissance Dynamique qui est un fonds flexible international éligible au PEA. Ce fonds d’allocation, de la même famille que CPR Croissance Réactive avec une allocation en actions entre 60 et 100%, apportera une contribution intéressante à la diversification de notre PEA.


> Nos portefeuilles de référence


Évolution graphique des portefeuilles de référence depuis le 1er janvier 2005